Victor Segalen : Stèles

Victor Segalen Victor Segalen
Stèles
Éditions de la République des Lettres
Publication numérique (format ePub)
ISBN: 978-2-8249-0041-4
Date de publication : Avril 2012
Prix de vente: 5 Euros.
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Édition illustrée, texte intégral révisé suivi d'une biographie de Victor Segalen. Nommé élève interprète de la marine, Victor Segalen arrive à Pékin en juin 1909. Il rencontre à Tien-Tsin Paul Claudel et entreprend avec l'écrivain A. Gilbert de Voisins une grande expédition en Chine centrale et au Japon qui durera neuf mois. De ce séjour, qui s'interrompra avec la guerre en août 1914, naîtront les grandes oeuvres de l'écrivain, dont Stèles (1912), inspiré par les pierres écrites chinoises dont la fonction était à l'origine sacrificielle et funéraire. Ce recueil de quarante-huit poèmes en prose — de soixante-quatre dans la seconde édition (1914), chiffre correspondant au nombre d'hexagrammes du Yi King — se présente extérieurement et intérieurement à la chinoise, mais l'exotisme, ici, ne sert que d'alibi. Ni traductions, ni adaptations des inscriptions gravées sur les stèles chinoises, ces poèmes expriment en réalité l'univers secret de Segalen, ses opinions, ses sentiments, ses expériences du voyage, un monde de sensations et de visions qui lui est propre. Par le détour de la Chine, par ce qu'il appelle l'allégorie, ils suggèrent des notions trop pures pour tomber sous la coupe des mots. L'indicible, l'invisible, l'inouï hantent en particulier les stèles du "Milieu" qui terminent le volume et marquent, comme dans la géographie chinoise, le lieu d'un passage spirituel. Victor Segalen a veillé personnellement à l'édition à la chinoise de 1912, tirée à 81 exemplaires, "chiffre qui correspond au nombre sacré (9x9) des dalles de la troisième terrasse du Temple du Ciel à Pékin". Dans une lettre adressée l'année précédente à son ami Claude Debussy, il exposait ainsi son projet: "un recueil de proses courtes et dures, mesurées comme un sonnet", conclues par "un trait expressif" pour faire advenir le "jour de connaissance au fond de soi". Dans une autre correspondance, il précise que les caractères gravés sur les stèles chinoises sont pour lui comme "une trame soudaine figée, qui n'est plus pensée dans un cerveau, mais pensée dans la pierre où ils sont entés. Et leur attitude, hautaine, pleine d'intelligence et de visions anciennes, est un geste de défi à qui leur fera dire ce qu'ils enferment..."